Préliminaires ; La révélation à la manière de l'eau ou de l'intimité de Dieu - Dia Ciayi
La création et l’évolution du vivant sous le contrôle de Mikombo-a-kalowo - Dia Ciakanyi
L'homme doté de conscience - Dia Ciakasat; La langue, base de la suprématie de l'Homme

La création et l’évolution du vivant sous le contrôle de Mikombo-a-kalowo

Dans le chapitre précédent nous avons appris qu’au début de tout ce qui est, Maweeja-a-Nangila était Seul et contenait tout, IL a voulu et nous a révélé Sa propre et ineffable intimité en procédant au dialabala dia ciayi. IL est apparu non pas comme un individu semblable à un homme ou à un arbre, IL est la GLOBALITE des Esprits Primordiaux qui sont ses modalités d’existence. Et ce dialabala s’est embourbé dans l’infertilité car en fin de compte il n’existait que Maweeja-a-Nangila vu dans les sept Localisations Primordiales : le devant, le derrière, le centre, la gauche, la droite, le haut et le bas. D’où l’apparition des sept Mvidie ou sept Esprits Primordiaux après l’occupation par Maweeja-a-Nangila de toutes les sept Localisations Primordiales. D’où la notion du Dieu unique dans son être mais multiple dans ses modalités d’existence.

La création de la matière vivante

Ensuite, IL se réorganisa en séparant tout ce qui était Pur Esprit en LUI de ce qui était Matière, d’où constitution d’un Pôle Spirituel formé de trois Mvidie et d’un Pôle Matériel formé des quatre Mvidie restants. La composition exacte de ces deux Pôles n’est pas fixe, les Mvidie n’étant que des modalités changeantes d’existence d’être de Maweeja-a-Nangila. Mais pour fixer les idées on intègre dans le Pôle Spirituel :

- 1. Mvidie Mukulu, mukulu wa ba-Mvidie, le grand Législateur et Maître du Ciel d’en haut, sensé occuper le centre ou position de référence,

- 2. Mvidie Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke le Sceptre de puissance issus de l’Utérus qui s’est créé lui-même, le Gérant Sublime du monde créé, aussi considéré comme Maweeja-a-Nangila incarné dans le créé

- 3. et Mvidie Nzambi Muena ngulu yonso, le tout puissant Verbe Créateur par sa Parole, le Maître de l’action low.

Toujours pour fixer les idées, le Pôle Spirituel est aussi dénommé Maweeja-a-Nangila, Mulopo wa Tshaama, diîba katangila cishiki wa kutangila diamuosha nsense,. ou le Dieu d’Amour Volonté, Seigneur de Tshaama, Soleil Triomphant qui brûle de ses rayons quiconque ose l’affronter.

Alors que le Pôle Matériel est par contre dénommé Bende wa Maweeja soit l’Autrui de Maweeja comme la femme est l’autrui du mâle, égale en essence mais non identique, on y intègre notamment :

- 1. Bende wa baa Bende le puits de matière, la réserve de tout ce qui en Maweeja-a-Nangila n’est pas pur esprit,

- 2. Mvidie Kalunga Nsanga ou Mulungu ou Mungu la triple infinitude divine, infinité dans la diversité des constituants, infinité dans les dimensions et infinité dans la permanence, la durée ou éternité.

- 3. Mvidie Mutala maîsu l’Esprit primordial tout couvert d’yeux, le Dieu qui ne dort jamais, la Providence divine qui veille sur le devenir du créé, le vitalise et assure sa permanence dans le temps,

- 4. et enfin le Mvidie Lufwuluabo - Kateela cishiki, Celui dont on ne cite jamais le Nom pour ne pas L’appeler à l’existence, parce que Maître du Néant et Régulateur de tous les cycles d’existence.

Maweeja-a-Nangila, Mulopo wa Tshaama, diîba katangila tshishiki wa kutangila diamuosha nsense voulut que le Monde créé soit. Pour qu’il en soit ainsi Mvidie Nzambi Muena ngulu yonso dit : Que dans Bende wa Maweeja il y aient des localisations (des binyama-nyama ou ébauches d’êtres), ! et Mvidie Kalunga Nsanga renchérit : en nombre et de durée infinis ! Et il y eu des localisations permanentes en nombre infini.

Alors Mvidie Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke occupa toutes ces localisations pour les animer et les vitaliser. Et le Monde fut ainsi créé, enfermé dans une calebasse que Mvidie Mukulu, mukulu wa ba-Mvidie décida de poser sur trois piliers. Trois mabuwa, comme on le fait pour stabiliser un pot que l’on chauffe en préparant un repas.

C’est le dialabala dia ciakanyi, l’expansion (révélation) convenable qui déboucha sur la fertilité, l’infinie diversité des êtres créés. Cette création fut décrite par nos ancêtres de manière imagée par le fait que Maweeja-a-Nangila (le nombre Trois) féconda Bende wa Maweeja (le nombre Quatre) et celle-ci accoucha de tout ce qu’il y a dans le Monde. Soit que l’esprit pénétra les ébauches matérielles formées dans Bende pour les vitaliser et les animer.

Les mpofu (les non initiés) ont beaucoup de peine à comprendre l’existence des Mvidie distincts et leur intervention dans la création du Monde et de son contenu. Ils croient que la divinité est une personne unique, à la manière de l’individu humain (monothéisme), qui a souverainement, tout seul et en une fois, créé le Monde et son contenu. Et que toute autre entendement n’est qu’affabulation sans consistance.

Et pourtant ils vivent un exemple lumineux avec le fonctionnement normal et équilibré d’un Gouvernement, le régisseur de la vie nationale, lorsqu’il agit au profit réel et permanent de la communauté nationale et qu’il fonctionne à l’image et à la ressemblance de Maweeja lors de la création du Monde.

En effet un Gouvernement est constitué de plusieurs ministres (ministères) distincts, à travers lesquels il agit, sans pour autant qu’on puisse parler de plusieurs Gouvernements distincts. Quand le ministre de la Santé ou de l’agriculture ou des Transports ou de l’intérieur émet un décret après en avoir parlé au Conseil des Ministres, on dira chaque fois que c’est le Gouvernement, dans sa totalité et solidairement responsable, qui décide. Et si un ministre se permettait de se désolidariser d’une décision du gouvernement ou de décider dans le domaine d’un autre ou sans accord du Conseil des Ministres, cela ferait une grande pagaille, il devrait démissionner du gouvernement.

De même il en est ainsi pour la divinité qui est UNE en essence mais avec plusieurs modalités d’existence qui solidairement interviennent dans l’action s’il en est besoin. On dit alors que la divinité est unique dans son essence mais multiple dans ses modalités d’existence.

La conception traditionnelle luba du début du Monde est plus rationnelle et plus cohérente que le brouillon consigné dans la Bible et qui fait souvent injure à l’intelligence humaine en substituant des actes de foi à des faits de connaissance que même la Science Moderne confirme.

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