Préliminaires ; La révélation à la manière de l'eau ou de l'intimité de Dieu - Dia Ciayi

La création et l’évolution du vivant sous le contrôle de Mikombo-a-kalowo - Dia Ciakanyi

L'homme doté de conscience - Dia Ciakasatu ; La langue, base de la suprématie de l'Homme

L'homme doté de conscience
L'apparition des mammifères
La lutte de la femelle pour sa liberté


L'homme doté de conscience

Au cours du dialabala dia ciayi Maweeja-a-Nangila nous révéla sa vraie nature qui est UNE mais avec plusieurs modalités d’existence qui sont ses Mvidie.

Il nous révéla aussi la nature et les propriétés des esprits et des entités. Le dialabala dia ciakanyi nous explique la création ainsi que le mode de fonctionnement de la divinité UNE et MULTIPLE.

Dans le dialabala dia ciakasatu, nous verrons l’action de Mvidie Mikombo-a-kalowo dans le Monde créé ainsi que la réalisation du principe qui pose que ce qui est en bas doit tendre à être comme ce qui est en haut. Le créé doit fonctionner à l’image et la ressemblance de la divinité.

Dès que Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke s’installa dans toutes les ébauches d’êtres de Bende pour les animer, IL eut à mettre de l’ordre dans la création. D’abord affirmer la primauté de l’être relativement à son apparence, sa matérialité d’ébauche d’être, ensuite réglementer les rapports de l’être et sa localisation, problème de l’individualisation et la conscientisation des entités.

En effet, les premiers êtres vivants savaient qu’ils étaient issus de Bende mais ignoraient le rôle et l’intervention de Maweeja dans leur création. Aussi rapportaient-ils tout à Bende comme origine et fin de toute chose,
exemple : muana-a-Bende, mukaji-a-Bende, bintu bia Bende, expressions qui désignent l’enfant, la femme et les biens qui ne sont pas à moi, qui sont donc à Bende identifié à autrui.

Mieux pour se singulariser, ils n’hésitaient pas à s’exclamer « Meeme wa Bende » soit « moi en tant qu’individu tel qu’issus de Bende».

Le Mvidie Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke demanda à Celui dont on n’invoque jamais le Nom parce que Maître de la Mort de révéler au Monde créé la souffrance qui est la jumelle du bonheur dans la paire bonheur/souffrance.

Celle-ci révéla les limites du Matériel, de Bende donc, et le fait que face à une grande souffrance le salut était dans l’intervention de Maweeja situé au-delà de l’apparence, donc de Bende, là où se tient l’être, l’élément prioritaire, premier.

Ensuite, le Mvidie au NOM qu’on ne cite jamais enclencha les deux cycles fondamentaux pour toute entité :
- celui de la matière qui fait qu’un corps n’est plus qu’un moment transitoire dans le flux de matière circulant d’un corps à un autre comme une rivière n’est que le flux de gouttes d’eau allant de la source en amont à l’aval

- et celui de l’esprit qui, émané de Maweeja devient successivement muvwu, esprit incarné, mukishi et enfin retourne dans Maweeja, premier tour du cycle, en attendant d’autres tours.

Si le cycle de la matière est facile à expérimenter et admettre, celui de l’esprit n’apparaît pas aussi évident pour les mpofu que désoriente l’immatérialité de l’esprit et sa furtivité à l’égard de nos sens.

En outre, en ces débuts de création, l’être ou ce qui est dans l’apparence perçue et l’anime n’y était pas stable, il changeait continuellement de localisation et apparaissait tantôt sous l’aspect humain tantôt sous celui d’objet ou autre chose.

Car l’esprit traversant la matière, avait peine à y rester confiné, ce qui faisait désordre et ne permettait aucune individualisation des entités.

C’était comme si on voulait transporter de l’eau dans des pots dont les parois seraient faites de toile de moustiquaire, elle en sortirait aussi vite que possible pour passer d’un pot à l’autre. Pour la retenir, il faudrait des pots aux parois étanches.

Les mivwu
Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke enjoint alors à tout esprit qui veut s’incarner de d’abord se transformer en muvwu, c’est à dire s’habiller d’un corps subtil lui permettant non seulement de mieux se lier durablement à la Matière à une localisation donnée, mais aussi de pouvoir agir sur elle.

C’est comme si on interposait une casserole entre le feu (l’esprit) et l’eau (la matière), qu’on voudrait chauffer (animer), donc sur laquelle le feu va agir.

Et c’est donc vêtu de ce corps subtil, que l’esprit alors dénommé âme par certains, peut résider dans un corps matériel, y agir et apparaître à certains humains éveillés soit comme muvwu soit avant son incarnation, soit comme mukishi après sa désincarnation (sortie du corps).

Le Monde est donc redevenu indifférencié, contenant des purs esprits, des mivwu s’apprêtant à s’incarner, des esprits incarnés ou êtres animés, des bakishi, et mikishi venant de se désincarner et enfin des objets matériels non individuellement animés.

Le statut hybride des esprits incarnés :

- d’une part ce sont des princes des esprits du fait qu’ils sont « protégés » par un corps matériel qui atténue leurs sensations, peines et joies, et aussi du fait qu’ils ont de l’emprise sur la Matière, et peuvent donc créer et concrétiser leurs désirs, comme le fait Maweeja. Aussi les dit-on fait à l’image et ressemblance de Maweeja.

- mais d’autre part, ce sont des esprits bridés, car ayant abandonné, à cause de leur incarnation (ou enfermement dans la Matière), une bonne partie de leurs propriétés disons « physiques » telles que la bilocalisation due au déplacement instantané et la faculté de s’incarner et se désincarner à volonté due au pouvoir de pénétrer et traverser la Matière à tout instant.

D’où plusieurs conséquences dont le fait que les mikishi ne peuvent rien faire contre un esprit incarné à moins qu’il ne se soumette volontairement à leur emprise et aussi le fait que libérer par la mort (l’assassinat) un esprit incarné est loin de l’anéantir, c’est plutôt lui redonner les pouvoirs spirituels qu’ont les bakishi et qui décuplent sa capacité de nuisance.

La séparation du Monde d’en Haut du Monde d’en Bas

Certains esprits incarnés, déçus par les limitations liées à leur état d’incarnation, voulurent récupérer les qualités disons « physiques » liées à l’état de pur esprit, soit la bilocalisation et la faculté d’incarnation et désincarnation à volonté, tout en gardant les avantages de leur état de princes des esprits ou esprits incarnés, soit la protection par un corps matériel et l’emprise sur la matière.

Pour ce faire, ils ont fréquenté certains purs esprits, mikishi et bakishi et ont fait des pactes d’amitié et de coopération avec eux : l’origine et la nature de la magie noire et de la sorcellerie. Et cela fit désordre.

Le Mvidie Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke, Régent du Monde créé car Maweeja incarné, n’apprécia pas de telles initiatives, IL prit deux mesures de sauvegarde aux conséquences énormes. Notamment :

- La séparation du monde indifférencié en deux parties étanches :
--le Monde d’en haut ou Ciel où furent relégués les purs esprits, les mivwu, les bakishi et les mikishi,
--et le Monde matériel d’en bas, le nôtre, enfermé dans trois dimensions, où résident les esprits incarnés ou êtres animés et les objets matériels ou objets non animés individuellement.

- et l’interdiction de tout commerce entre les deux Mondes sous peine des sanctions les plus graves.

Et afin de préserver, contre toute nostalgie, le devenir du Monde d’en bas, IL révéla aux humains les trois piliers d’une vie heureuse dans le Monde d’en bas. Soit :

-1° ne jamais tuer ni psychiquement par magie ou ruse, ni physiquement par un médiateur matériel : armes, poison ou un objet quelconque, même pour venger un préjudice subi, car kusombola ki kusomba.

-2° ne jamais s’approprier indûment les biens matériels, l’épouse ou la descendance d’autrui,

-et enfin 3°, ne jamais étaler son bonheur mais le partager, ni susciter la jalousie et la haine mais les combattre.

La procréation par conjonction

L’étanchéité entre les deux Mondes a eu pour première conséquence la déperdition de substance spirituelle du Monde d’en bas, vu que les désincarnés, bakishi et mikishi, le quittaient pour le Ciel d’en haut alors que la génération de nouveaux êtres animés était déficiente.

Pour résoudre ce problème, Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke décida de faire évoluer le mode de génération de nouveaux êtres animés afin qu’il ressemble au dialabala dia ciakanyi, un modèle en matière de fertilité, en faisant intervenir un substitut de Bende détenteur d’une multitude d’ébauches d’êtres et un substitut de Maweeja chargé de les vitaliser, les féconder .

En effet, les premiers êtres étaient sexuellement indifférenciés, mâle et femelle confondus en une seule entité. Les principes mâles et femelles étaient mêlés et dispersés dans tout l’organisme de l’être comme l’esprit et la Matière l’étaient dans celui de Maweeja avant le dialabala dia ciakanyi.

Tant et si bien que chaque partie de l’être était autonome et pouvait se régénérer et régénérer l’être tout entier, comme les cellules souches. Elle était donc marquée du Sceaux de l’éternité conférée à toute partie de l’individu.

C’est l’état des vers de terre qui procréent d’ailleurs par scissiparité et des plantes comme le manioc qui se multiplient par bouturage.

Ce mode de génération est le moins prolifique de tous et c’est un piège de stagnation éternelle car débouchant sur des descendances d’orphelins, les parents disparaissant à leur naissance. Il fallait trouver mieux pour ne pas gêner le processus de conscientisation.

Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke regroupa dans l’organisme de l’entité vivante les principes mâles et tout ce qui s’y rapportait en un Pôle Mâle et les principes femelles et tout ce qui s’y rapportait en un autre Pôle femelle.

Ainsi naquirent des êtres hermaphrodites qui pour engendrer, commençaient par activer leur Pôle femelle qui formait des œufs, puis activaient le Pôle mâle qui fécondait les oeufs, hors ou dans la femelle comme le font le poisson Mérou et l’escargot.

Dès lors l’éternité n’était plus conférée à l’individu ou une de ses parties mais à la lignée, la succession des entités de même origine, l’entité représentative de niveau d’existence supérieur.

La fertilité s’en trouva très accrue, les descendances n’étaient plus celles d’orphelins puisque le parent unique subsistait.

Mais la tâche d’éducation ou transfert des acquis culturels des parents aux descendants, dépassait très largement les capacités en temps et énergies d’un unique parent. D’où la Société restait encore et toujours vouée à la stagnation. Problème !

Création de la femme.

Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke décida d’augmenter le nombre des parents afin de répondre à ce besoin d’éducation de la descendance pour que la société soit au moins capable de garder ses acquis « culturels » et si possible de progresser.

Par scissiparité, IL découpa l’hermaphrodite en deux vivants distincts et répartit les deux Pôles dans deux individus distincts : un mâle reprenant le Pôle Mâle et tout ce qui s’y rapportait et une femelle contenant le Pôle femelle et ses accessoires pour une procréation par conjonction.

Deux individus qui ne sont que deux modalités d’existence de l’être animé après son incarnation donc deux individus de même essence mais différents dans leurs manifestations et comportements.

C’est donc une affreuse imposture que celle que postule la thèse mésopotamienne qui veut que la femelle provienne du mâle, de sa côte, alors que tous deux sont les produits d’une scissiparité primordiale.

Dès son apparition, le mâle, plus léger (3) et extériorisé, partit explorer le Monde afin de mieux le connaître et le dominer, adopta la dangereuse et imprévoyante vie de cueilleur-ramasseur et devint guerrier et prédateur.

La femelle par contre « plus lourde (4) précieuse et intériorisée » resta sur place, se fixa (création des villages) et devint agriculteur-éleveur, gardant à portée de la main ce dont elle avait besoin pour sa survie.

D’où apparition de deux mentalités et deux comportements totalement différents, parfois même opposés.

Cette séparation en mâle et femelle de l’hermaphrodite ne fut toutefois pas aussi complète et étanche qu’on aurait pu le croire, chacun garda des traces de l’autre sexe, traces pouvant conduire à des êtres hybrides mi-mâles, mi-femelles, faisant désordre dans le plan de la création.

Aussi, sous inspiration de Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke des humains s’attachèrent, surtout par l’éducation, à graver profondément dans le psychisme, les mentalités et les comportements dans l’un ceux propres au mâle et dans l’autre ceux propres à la femelle,allant parfois jusqu’à vouloir les matérialiser dans la chair des concernés :
- circoncision ou ablation du prépuce qui symbolise l’ébauche de l’Utérus et de la féminité dans le mâle
-
et l’excision ou ablation du clitoris, le petit pénis de la femelle, symbole de masculinité, ou pire, celle barbare des grosses lèvres bordant le vagin, comme protection de la femme contre le kidnapping par les esclavagistes arabes.

Suite à l’apparition des mâles et des femelles le mode de procréation a totalement changé, nul ne pouvant procréer seul dans son coin comme le faisait les hermaphrodites. Et c’est là que se situe la réelle plongée des esprits incarnés dans notre Monde d’en bas, l’approfondissement de leur enfermement dans la matière par la perte de leur autonomie en matière de procréation.

Il fallait désormais la conjonction d’un mâle et d’une femelle, l’une produisant des œufs que l’autre fécondait, vrai gros progrès sur la voie de l’adoption du processus de procréation selon le dialabala dia ciakanyi, : par l’apparition d’un substitut de Maweeja fécondant les œufs d’un substitut de Bende pour réaliser la procréation.

Mais les Esprits Incarnés, princes des esprits, faits à l’image et ressemblance de Maweeja, avaient leur mot à dire surtout en ce qui concerne la réalisation pratique de ce processus, qui leur échoyait.

Et le processus de leur responsabilisation s’enclencha. Le Régent du Monde créé, qui jusque là faisait tout et l’imposait au créé, se mit de plus en plus à s’effacer derrière le créé consacré acteur principal, et occuper le strapontin de « conscience intime »ou ciondo cia pa-muoyo ou Conseiller discret devant « bien » orienter les décisions de l’esprit incarné afin que la marche vers le progrès ne devienne pas une course en rond.

Bouclier ou épée.

En ces temps là, les organismes des ébauches d’êtres étaient passés de l’état unicellulaire comme la plupart de microbes et bactéries à celui d’organismes pluricellulaires avec spécialisation fonctionnelle de leurs cellules comme la majorité des vers. La vulnérabilité de ces organismes face aux agressions extérieures risquait de provoquer leur disparition : problème !.

Il fallait le résoudre d’urgence pour éviter une telle catastrophe. Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke, Le Régisseur du Monde créé vit que deux solutions ayant chacune des avantages et des inconvénients étaient possibles :

-d’une part, la solution du bouclier qui revient à les enfermer dans des bunkers, des carapaces solides pouvant résister à toute agression,

-et d’autre part, la solution de l’épée qui revient à augmenter la mobilité des organismes pour leur permettre de lutter et échapper aux agresseurs.

Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke, Le Régisseur du Monde créé, préféra promouvoir les deux solutions afin de ne pas réduire la diversité des créés. Il y eut des forteresses en calcaire, installées au fond de l’eau qui, pour s’alimenter et se reproduire, profitaient des courants d’eau leur apportant la nourriture et les semences.

Pour ne plus trop dépendre de leur implantation et des courants d’eau pour leur alimentation et leur reproduction, certaines forteresses furent dotées d’une certaine mobilité, cas des bivalves. Mais la vulnérabilité demeura face à des agresseurs patients et déterminés.

Certains vers tels les tænias, avaient adopté la segmentation de leur corps pour faciliter la procréation par scissiparité. Leur peau durcit et devint une carapace articulée en chitine, parfois incrustée de calcaire, propre aux insectes, aux crevettes et aux crabes, carapace qui devait être abandonnée à chaque mue pour permettre au corps de grandir.

D’autres vers préférèrent transformer en carapace articulée la peau interne de leur tube digestif qui devint une colonne des vertèbres d’abord cartilagineuses ensuite osseuses sur lesquelles prenaient appuis des muscles. Et l’ordre des vertébrés dont la mobilité était très grande était né.

Certains vertébrés se contentèrent de n’être qu’un long tube terminé à un bout par une tête ayant une bouche armée d’une denture et à l’autre bout une longue queue mobile et se déplacent en se contorsionnant. Cas des serpents et des anguilles.

D’autres, vivant dans l’eau, s’adjoignirent des nageoires pour affiner leurs déplacements obtenus par ces contorsions, d’autres enfin développèrent leurs nageoires et les transformèrent en pattes pouvant soulever le corps au dessus du sol pour une marche aisée. Ce qui donna lieu aux vertébrés tétrapodes dont nous sommes.

 

 

L'apparition des mammifères

Les marsupiaux, kangourous et apparentés, adoptèrent la procréation par conjonction avec fécondation dans la femelle, mais estimèrent peu économiques les coquilles dont le calcaire provenait de leur ossature, d’ où risque d’ostéoporose et de fracture du col du fémur. Ce qui était très dangereux pour des êtres se déplaçant par bonds.

Ils imaginèrent, pour abréger les désagréments d’une grossesse, de transférer le fœtus dans une poche marsupiale extérieure où il achèvera sa maturation. plutôt que de l’enfermer dans une coquille.

Ainsi la femelle n’a plus le long handicap de la présence en elle d’un fœtus, en somme un corps étranger source de bien de malaises. Et la procréation aura ainsi toutes ses chances d’être menée à bonne fin, sans trop de déperditions, le fœtus étant sous bonne garde.

Dans la coquille le fœtus disposait d’une réserve de nourriture, dans l’Utérus il était nourri par sa mère grâce à un organe appelé le placenta qui lui procurait des éléments nutritifs puisés dans le sang maternel, alors que dans la poche marsupiale il n’y avait rien.

Il a fallu inventer un équivalent du placenta et l’installer dans la poche marsupiale. Ainsi vit le jour la mamelle, secrétant un lait complet, riche et suffisant comme aliment pour le bébé, et naquit aussi l’ordre des mammifères.

En outre, cette période de séjour dans la poche marsupiale fut mise à profit pour d’une part, habituer la mère à s’occuper activement du bébé et d’autre part procéder à une initiation progressive et continue du bébé à la vie autonome.

Les mammifères, dont la femme humaine, adoptèrent eux aussi ce processus de procréation par conjonction avec fécondation dans la femelle, mais éliminèrent les coquilles et la poche marsupiale aux effets secondaires gênants.

Le fœtus devait rester dans la femelle, nourri par le placenta jusqu’à sa maturité puis par le lait de la mamelle après sa naissance. Ce qui n’est pas de tout repos pour la femelle mais élimine la naissance d’un fœtus et son dangereux transfert dans une poche marsupiale extérieure, un aléa pour la poursuite de la procréation.

Il n’y a donc plus qu’une seule naissance, menée à bien à l’abri de l’humeur changeante de la femelle et de son partenaire (avortement) jusqu’en fin de processus. Une seule naissance d’un bébé plus ou moins prêt à assumer une vie autonome.

Puis s’ensuit une période d’initiation à cette vie autonome d’une durée très variable selon les espèces considérées, mais de plus en plus longue selon l’importance accordée au social et au culturel. Chez l’homme, cette période d’initiation est la plus longue de toutes les espèces, couvrant presque le tiers de la durée totale de sa vie.

Et c’est sûrement de là que provient sa puissance et sa supériorité sur tous les êtres vivants. Car alors que ses performances physiques sont des plus modestes, sa tête est mieux faite, mieux remplie, ce qui lui permet de tous les dominer surtout grâce à ses connaissances, sa science, sa technique et sa technologie .

 

La lutte de la femelle pour sa liberté

Certaines femelles notamment de poissons, bien qu’admettant la nécessité absolue de la procréation par conjonction d’un couple, récusèrent celle de devoir y sacrifier leur liberté d’action en se liant au partenaire d’une conjonction-procréatrice.

Elles imaginèrent « une sorte de pluri-conjonction en groupe, une sorte de super partouze pendant laquelle les œufs étaient pondus et fécondés et chacun y trouvait son plaisir sans conséquence liberticide pour les participants. On y venait seul et libre et on repartait seul et libre, pas de problèmes avec les autres participants à la super-partouze.

En pratique, les femelles se réunissaient en un grand banc de poissons puis pondaient leurs œufs au même moment et se retiraient. Ensuite un banc de poissons mâles s’amenait et au même instant inséminait indistinctement tous les œufs créant une bouillie d’œufs et de semence dans laquelle la fécondation se faisait. Sans que personne ne puisse se prévaloir d’une quelconque liaison avec une femelle donnée ni d’une quelconque paternité individuelle vis à vis d’un descendant donné.

C’était le processus de « procréation par conjonction mais avec fécondation (insémination) hors de la femelle » qui fut adopté par les poissons. Il déboucha sur une irresponsabilité sociale totale des parents vis-à vis de leurs rejetons. Car tous les mâles adultes étaient les pères et toutes les femelles adultes les mères, Sans liaison avec quelqu’un de la génération suivante.

Ce qui ne facilitait pas la responsabilisation individuelle, ni la transmission « d’acquis culturels de la société », d’une génération à la suivante et constituait donc une sorte de condamnation à la stagnation voire à la régression, chaque génération devant tout réinventer en ne comptant que sur son expérience et son habileté

Des batraciens, crapauds et grenouilles, améliorèrent ce processus en supprimant la partouze pour individualiser les parents, mais gardèrent la fécondation hors de la femelle pour sauvegarder ses aises.

En pratique, une femelle pondait dans une marre le maximum possible d’œufs et s’en allait vaquer à ses affaires, puis en catimini un mâle venait les inséminer, vite fait et le tour était joué.

Le père et la mère étaient devenus identifiables et bien individualisés, mais les descendants ne les connaissaient pas et ne pouvaient rien recevoir d’eux, donc toujours pas de transmission d’acquis culturels et pas de progression possible.

Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke s’insurgea contre tous ces faux fuyants et décida d’imposer la procréation par conjonction avec fécondation dans la femelle afin de personnaliser les deux parents et les rendre conscients et responsables de leurs actes.

En effet chacun devra désormais se choisir (ou tout au moins accepter) un partenaire bien identifié et le convaincre de participer avec soi à l’acte de procréation, en privé et non plus collectivement dans la bousculade. Ce qui postule un engagement personnel et conscient.

Les oiseaux et les sauriens adoptèrent ce processus mais, sauvegarde de la liberté de la femelle primant, trouvèrent le moyen d’envelopper l’œuf (fécondé ou non) dans une coquille calcaire que la femelle expulsait dès que possible afin d’éviter le long handicap d’une grossesse.

Ensuite, il suffisait d’attendre que le fœtus, qui se développait dans l’œuf, arrive à maturité et que le poussin ou le petit se libère (ou soit libéré) de la coquille pour avoir le résultat de la procréation.

Ces œufs à coquille, expulsés par la femelle, étaient parfois abandonnés n’importe où, servant alors de repas à bien de prédateurs, parfois ils étaient regroupés dans un nid que la femelle surveillait, allant souvent jusqu’à les couver. Mais leur déperdition était très importante et après éclosion, les soins à la progéniture étaient souvent réduits au minimum.

Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke n’apprécia pas non plus ce nouveau subterfuge et conseilla aux esprits incarnés de trouver mieux et qu’ils cessent d’être d’idiots gaspilleurs de semence pour produire des repas pour des prédateurs.


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