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Préliminaires ; La révélation à la manière de l'eau ou de l'intimité de Dieu - Dia Ciayi La création et lévolution du vivant sous le contrôle de Mikombo-a-kalowo - Dia Ciakanyi L'homme doté de conscience - Dia Ciakasatu ; La langue, base de la suprématie de l'Homme Afin que lhomme puisse bien sintégrer dans le Monde den bas et sy sentir à laise, Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke résuma à son intention les principales notions philosophiques quil devait avoir constamment sous les yeux. IL les enfouit dans sa langue comme philosophie sous- jacente exposant sa vision du Monde, de ses réalités ainsi que de leurs relations, et aussi dans les noms des nombres utilisés couramment en langues bantoues. En effet : -Le nombre UN : En ciluba, la notion dêtre provient de celle de la particule mu qui signifie « dans, à lintérieur de ». Par évolution de sens mu = « à lintérieur de » a fini par désigner « ce qui est à lintérieur de », soit lêtre, la réalité postulée dans la localisation, lapparence perçue et qui lanime, lesprit. Doù tous les substantifs désignant des êtres auront au singulier mu ou son dérivé lu comme particule singulière apparente ou réelle. Mais la même particule mu est aussi la racine du déterminant désignant le nombre UN. Cest que lêtre est la réalité première, primitive, celle à considérer en priorité. exemples
: En ciluba la notion de localisation donc dapparence perçue, qui est fondamentale pour la définition de lêtre, ou ce qui est dans lapparence perçue et lanime, est rendue par la racine ntu formée de lalourdisseur n = « ce qui par nature est », et de la racine tu = familier, vulgaire, commun, nous, notre groupe social. exemples
: - Le nombre DEUX a un nom dont la racine est BIDI en ciluba et WILI en swahili, exemples
: - Le nombre TROIS = UN + DEUX signifie lêtre (UN) (+ = ne =) intimement lié au corps (DEUX) soit lhomme dans la plénitude de ses moyens : le père = tata, taatu, à rapprocher de tatu, itatu, misatu, µisatu = trois. Cest le nombre sacré désignant lélément mâle, le père, le fécondateur. Aussi parle-t-on de la conjonction de TROIS Mvidie pour former le Pôle Spirituel dans Maweeja lors du dialabala dia ciakanyi, une indication du rôle fécondateur quil jouera par la suite. Tant que lêtre animé était sexuellement indifférencié, TROIS était son nombre sacré, car il est essentiellement le résultat de lunion dun esprit (UN) avec un corps (DEUX). Mais après sa scission en mâle et femelle, égaux en essence, mais distincts en apparence car adoptant des modes différents de manifestation. Il a bien fallu leur assigner des nombres sacrés distincts. Le mâle garda le nombre sacré TROIS ce qui fait que sans précision, tout être animé sera assimilé au mâle, à lhomme, car cest un esprit (UN) intimement lié à un corps (DEUX). -Le
nombre QUATRE : La femelle par contre se définit comme «
un corps (DEUX) intimement lié à un autre corps (DEUX)
», soit 2 et 2 = 4. Elle aura donc pour nombre sacré QUATRE
ou INE, mine, µINAYI, mot de même racine que Cette affectation du nombre sacré QUATRE à la femelle est confortée par le fait que QUATRE égale aussi TROIS + UN soit un humain (TROIS) hébergeant en transit un esprit (UN) soit la femme, la femelle humaine, parce que la fécondation se faisant en elle lincarnation sy déroule aussi. Ainsi donc la femme héberge un esprit en transit pendant sa grossesse, période où les deux esprits, de la mère et de lenfant, simprègnent mutuellement. Notez la différentiation de la femelle de tout animal et de la femme humaine. Cest en se basant sur ce constat que Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke décréta que la femme était non seulement la gardienne de la vie (des localisations ou ébauches dêtres, des ufs à féconder) mais que (mieux=) son Utérus était la Porte Sublime dentrée du Monde den bas , un pont entre les deux Mondes par où transitent les mivwu qui viennent sincarner et les bakishi et mikishi qui réintègrent Maweeja-a-Nangila en fin de cycle. Elle est aussi la porte dentrée du clan (matriarcat) pour tout être animé qui intègre une entité sociale. Cest pourquoi le Dieu incarné ou Esprit Primordial Sceptre de puissance (Mvidie Mikombo) est dit issu de lUtérus (wa kalowo) comme tout esprit qui sincarne dans notre Monde den bas, mais IL sest créé Lui-même (nkaya-ende mudyfuke) pour se différencier des autres incarnés parce que Dieu. Ce qui fait de la femme un être QUATRE autrement plus lourd (précieux) que le léger mâle fécondateur TROIS. Cest pourquoi autour dun défunt on éloignera les mâles qui retiennent lesprit sur terre et on regroupera autant de femmes que possible afin de lui permettre de rejoindre sans peine « le village des ancêtres ». Alors quautour dun combattant mort à la guerre on regroupera des mâles pour le retenir afin quil continue la guerre sur un autre plan et on éloignera les femmes jusquà la cérémonie de purification des combattants (kutentama, kudya bumanji) qui clôture létat de guerre. -Le nombre sacré CINQ représente lhomme (TROIS) usant dun outil (DEUX) pour produire des biens matériels. Cest le nombre de la production, de lexubérance, de la prolifération, des doigts de chacun des membres (bras et jambes) de lhomme. Son nom TANO, miTANU,µiTANU, peut se rattacher, compte tenu de la substitution L<->N fréquente dans les mots bantous, à kutaLa en ciluba = kutaNa en kisonge = foisonner, apparaître brusquement en grand nombre comme les boutons de variole lors dune «éruption. Doù le nom du Mvidie Mutala maîsu, le Mvidie entièrement couvert dyeux car « Nzambi alalaka te », le Dieu qui ne dort jamais ou Sublime Providence divine, qui veille sur le devenir et le bien être du créé et le vitalise pour assurer sa permanence. Remarque : En ciluba comme dans toutes les langues bantoues le verbe avoir se dit « être avec » = être intimement lié à exemples
: Car lêtre du possesseur est censé imprégner lobjet possédé au point de former avec lui une seule nouvelle entité. Fondement des pratiques de sorcellerie et denvoûtement où on agit sur un objet appartenant à la future victime quel que soit lendroit où se trouve celle-ci. Doù lhomme (trois) fusionne avec son outil (deux) pour donner la nouvelle entité (cinq) du producteur de biens matériels. Remarque
: exemples
: La numération débute par la main gauche, « = cianza cia luboko = cianza cia bakaji = la main des femmes », puis elle continue par lautre main, celle des hommes « = cianza cia balume = cianza cia kaboko ». Il y a donc une transition (samba). Doù le nombre six est sambo dans la plupart des langues bantoues congolaises. Le ciluba toute fois précise par le mot µisambombo quil sagit de la transition (sambo) primitive (mbo), celle du jeune homme pris en charge (TROIS) à lhomme adulte qui se prend en charge, encore TROIS, soit aussi celle de lenfance (la dépendance) à lâge adulte (lautonomie), propre à tout être vivant. -le nombre sacré SIX = TROIS + TROIS ou lhomme (trois) intimement lié à lhomme (trois), exprime le fait que dans tout adulte (trois) sommeille un enfant (trois) et que tout humain (trois) est toujours lenfant (trois) dun dautre humain quelque soit son âge. A ce propos, ce nombre révèle lexistence de la chaîne des vies qui relie chacun à Maweeja-a-Nangila, chaîne dont chacun nest quun maillon et par laquelle tout transite, aussi bien les suppliques qui vont à Maweeja que les bénédictions et la vitalité qui en proviennent. Cest pourquoi le plus grand malheur pour un humain est dêtre nkumba, stérile, un maillon qui ne transmet ni la vitalité ni les bénédictions provenant de Maweeja faute de descendance. Cest aussi pourquoi le célibataire est désigné par le mot mujike = terminé, fin de série. La révélation de lexistence des chaînes des vies par lesquelles tout transite aussi bien les suppliques adressées à Maweeja que ses bénédictions et la vitalité en provenant explique le pourquoi du « culte des ancêtres » ou maintien en vie de la chaîne des vies du clan, et du fait quà travers les noms individuels donnés aux enfants du clan on fait vivre les membres présents et passés du clan. Ce qui favorise lentraide de tous dans les deux Mondes. Aussi, lobligation de prendre au baptême un nom chrétien était souvent perçue par les initiés comme celle de se détacher de sa propre chaîne de vies pour se raccorder à celle dun inconnu, peut-être saint quon va faire revivre, mais non lié à soi par une quelconque solidarité dentraide. Une rupture en somme avec Maweeja-a-Nangila, Mulopo wa Tshaame, à moins que ce prénom ne soit devenu un surnom dun ancêtre. Il faut se rappeler que lêtre vit et revit quand son nom est prononcé et que sa puissance est dautant plus grande quil y aura des gens qui se rattachent à ce nom. Cest pourquoi même les dieux meurent lorsquils nont plus de fidèles qui les invoquent. -Le nombre sacré SEPT : Avec le nombre sacré SEPT nous abordons les trois nombres dédiés aux mystères. Le premier est SEPT soit le père (TROIS) intimement lié à la mère (QUATRE), mystère de la procréation par conjonction, celui aussi de lorigine des enfants. Comme le précise le ciluba : SEPT = MUANDA-MUTEKETE = le PETIT MYSTERE. En Kisonge SEPT se dit SAMBO-MBIDI ou deuxième transition, celle de létat de simple adulte ou homme qui se prend en charge, à celui de géniteur ou homme qui prend dautres en charge. Par évolution de prononciation, SAMBO-MBIDI sest contracté en SAMBOADI dans dautres langues bantoues congolaises. Afin que la procréation par conjonction avec fécondation dans la femelle puisse être possible, il existe dans la femelle une poche où se fera la fécondation et où résidera le ftus. Cest lUtérus = kalowo en ciluba, un organe de forme oblongue qui ressemble à une petite calebasse, aussi dénommée kalowo. Etymologiquement le mot kalowo = ka+low+o se décrypte ainsi : particule ka = objet ou entité hors normes, low = action transformante, sans médiateur matériel, la (finale o = en relation avec, servant à), donc lieu où se déroule lacte hors norme, magique, dincarnation soit lUtérus. Aussi, si une statuette sert à invoquer un esprit elle sera souvent pourvue dune calebasse, symbolisant lUtérus, le lieu où lesprit invoqué sincarnera. Cest alors un fétiche dinvocation. De même pour désigner le Dieu Incarné, le Régent du monde créé, on parle de lEsprit Primordial, Sceptre de puissance (Mvidie Mikombo) issus de lUtérus (wa kalowo), comme tous les êtres animés, mais qui sest créé Lui-même (nkaya-ende mudyfuke) contrairement à eux. Car lUtérus représente le pont par lequel transite tout esprit (muvwu) qui vient du Ciel den haut sincarner dans notre Monde den bas et aussi tout esprit (mukishi) qui rentre dans le Ciel den haut. -Le nombre sacré HUIT : Le second nombre dédié aux mystères est MUANDA-MUKULU ou GRAND MYSTERE qui désigne le nombre sacré HUIT. En effet, HUIT cest QUATRE + QUATRE = µINAYI ne µINAYI, soit une assemblée de mères, dhommes (3) accompagnés dun Esprit (1) en transit. Il représente donc un Monde hybride où cohabitent les Esprits Incarnés (les humains, les animaux, les insectes et les végétaux), les Esprits désincarnés (mikishi, et bakishi), et les mivwu. Ce nombre sacré se décline aussi comme 1 (lesprit) + 3 (le père) + 4 (la mère) soit la conjonction des êtres pouvant agir matériellement (3) ou par action low (1 et 4 et 1) dans notre Monde, le GRAND MYSTERE celui de la magie et des forces actives dans notre Monde den bas. En outre lhomme, pour agir dans le Monde Matériel, dispose de trois atouts : un cerveau et deux bras : le gauche ou luboko, ou diboko dia bakaji (bras des femmes) et le droit ou kaboko, ou diboko dia balume (bras des mâles) qui représentent ses deux principaux moyens daction par médiateur matériel. Ces références aux femmes et aux mâles évoquent le fait que lhomme est dune part couvé par quatre femmes qui président au déroulement de toute sa vie. Ce sont : à son chevet sa mère, à sa gauche sa sur, à sa droite son épouse et à ses pieds sa fille. Ces quatre femmes constituent « son épouse mystique », sa « force psychique » pour laction low sur les esprits incarné ou autres, cest « son bras des femmes ». Et il est accompagné par quatre mâles qui sont : à son chevet son père, derrière lui son frère, devant lui ses amis et à ses pieds son fils, qui constituent « son arme psychique » lui permettant dimposer matériellement sa volonté. Le mot psychique signifie ici actif dans les deux Mondes. - Le nombre sacré NEUF : Lorsque lhomme met en branle ses deux bras, soit sa force et son arme psychique, on parle de cianda (complot) citemba (qui parade) ou cianda citeema (qui brille), en contracté citemba/citeema ou le nombre sacré NEUF. Car 9 = 1+4+4 soit UN esprit incarné et ses QUATRE femmes et QUATRE mâles, sa force et son arme psychique, ses deux bras, ses deux principaux moyens daction par médiateur matériel. On a aussi 9 = 1+8 soit un esprit (1) manipulant toutes les forces actives de notre Monde den bas. Mais le même nombre sacré 9 se décline enfin en 3 + 3 + 3 = 9 soit une foule de mâles, une armée en mouvement, la volonté de puissance qui saffirme. Là-git lorigine de limplication étroite de la magie dans le pouvoir politique qui fait que nos régnants recourent souvent aux pratiques de la magie pour « renforcer » leur pouvoir, leur capacité de poser des actions low. àLes noms des six premiers nombres, de 1 à 6, sont des déterminants ou mots qui accompagnent un substantif (ici minu = doigts) pour en préciser la pluralité et qui saccordent avec lui en adoptant sa particule réelle (daccord) mi/µi comme première syllabe. Clj : bantu babidi = 2 hommes, bintu bibidi = 2 objets, micyi µibidi = 2 arbres, makasa µabidi = 2 pieds, tulongu = tubidi = 2 fleurs. à (Rappel : la lettre µ est une lettre muette représentant la lettre m lorsquelle ne se prononce pas mais laisse transparaître la particule. Ainsi µu, µa et µi se prononcent u, a et i mais représentent les particules mu, ma et mi ce qui sauvegarde la correction des accords. Les trois nombres suivants, consacrés aux mystères, sont des locutions ou termes invariables. Clj : bantu muanda mutekete = 7 hommes, bintu muanda mukulu = 8 objets, makasa citemba = 9 pieds. Après les six déterminants (nombres de 1 à 6) et les trois locutions (nombres 7, 8 et 9) viennent des unités supérieures, des puissances de dix, qui sont des substantifs utilisés comme locutions : dikumi = dix, makumi = dizaines, lukama = cent, nkama = centaines, cinunu = mille, binunu = milliers, citooto = un million, bitooto = des millions. La numération de grands nombres revient à énoncer le nombre des millions), puis celui des milliers, puis enfin celui des centaines, des dizaines et des unités. Clj : la superficie de notre pays est de kilomaeta (bitooto bibidi), (binunu nkama µisatu, makumi µanayi ne µitanu), ne (nkama µisambombo, makumi citemba ne muanda mukulu) soit 2.345.698 kilomètres carrés. à Le nombre dix représente la totalité des entités créées soit : les esprits (1), la matière inerte (2), les mâles (3) et les femelles (4). Total 10 = 1+2+3+4. Cette entité est frappée du Sceau de la triple infinité : infinité dans la diversité des composants, infinité dans ses dimensions (celles de lUnivers) et infinité dans sa durée (incommensurable avec celle de lhomme). La globalité que représente le nombre sacré dix est le Mvidie Kalunga Nsanga . Ses chuchotements à cause de son infinité sont des véritables coups de tonnerre (kukuma) pour nos frêles oreilles, cest pourquoi dune part lhumain entrant en relation avec un Mvidie doit, par mesure de sauvegarde, demander à son interlocuteur de faire leffort de se mettre à son niveau : voix plus assourdie, forme familière et stable, lumière très atténuée, sous peine de basculer dans la folie. Linstitution du mariage Au tout début, tous les animaux (lhomme compris) étaient nus et navaient aucune honte à satisfaire tous leurs besoins, en ce compris ceux liés à la procréation. Les femelles, marche à quatre pattes oblige, exposaient à la vue de tous leurs parties génitales dont tout le monde pouvait constater létat physiologique et donc déterminer sa disponibilité sexuelle. En effet, la vie sexuelle de la femelle était soumise à un rythme mensuel lié à létat davancement de la production et la maturation des ovules. Tant et si bien que la femelle ne pouvait participer à la procréation quà certaines périodes du cycle, ses périodes de disponibilité, une mesure en somme de sauvegarde de la liberté de la femelle qui avait bien dautre chose à faire. Pudiquement en ciluba on dit que la femme est allée à la Lune ou quelle est à la Lune pour dire quelle est sexuellement indisponible pour la procréation. Mais quand arrivait la période de disponibilité, elle répandait dans latmosphère des phérormones qui excitaient tous les mâles y compris ses frères et ses fils, doù des luttes incessantes et parfois des croisements consanguins aux conséquences catastrophiques. Cela faisait désordre et Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke conseilla à la femme qui sen plaignait le plus, dadopter une posture cachant ses parties génitales, préservant ainsi la confidentialité de son état sexuel. Ce serait à elle désormais à révéler au mâle quelle choisirait sa disponibilité ou indisponibilité sexuelle. Elle adopta la station verticale, qui enfouit ses parties génitales entre ses cuisses, et la bipédie pour la marche qui furent immédiatement imitée par son prédateur et guerrier de mari qui leur trouva bien datouts. Il pouvait en effet mieux se déplacer dans la savane herbeuse, voir plus loin et prévoir les dangers. Mieux, exposant les parties génitales mâles à la vue de tous, alors quavant elles étaient cachées dans une marche à quatre pattes, les frémissements dus à ses moindres appétits sexuels et la turgescence de son membre viril (grossi et raidi) devenaient perceptibles aux femmes et leur signalaient tout éventuel déchaînement de la violence sexuelle conduisant au viol). En outre, la bipédie libéra de la marche les mains humaines qui dès lors se consacrèrent à manipuler des outils et produire des objets matériels, et enfin, par feedback développèrent le cerveau conférant à lhomme sa supériorité par rapport à tous les créés. En outre, la disponibilité sexuelle de la femme ne fut plus liée à létat de production et de maturation de ses ovules constatable par la vue de laspect de ses parties génitales, elle devint confidentielle, renforçant la responsabilité de la femme dans le moment et la qualité, du partenaire sexuel, lors de son acceptation,. En effet la consanguinité ou croisement entre parents qui permet à des gènes familiaux déficients de sexprimer et dengendrer des tares, survenait dans certaines populations isolées dans les vallées profondes des Kundelungu au Katanga ou sur des îlots des régions marécageuses ou quand elle était socialement encouragée par des coutumes particulières provocantes une mise à lécart par les autres populations , telles que la polyandrie (mise en commun de lépouse) ou les mariages préférentiels entre cousins germains. Elle fut reconnue néfaste et combattue. On établit autour de chaque mâle et chaque femme un cercle de partenaires à exclure de toute relation sexuelle. Cest linstitution du tabou de linceste qui prohibe dutiliser la promiscuité et lamour familiaux à des fins de conquête des partenaires sexuels. Le mâle après ses pérégrinations à travers le pays finissait par rejoindre une femme pour satisfaire ses besoins sexuels. Comme de pratique chez les animaux, la femme partenaire sexuel variait souvent tant et si bien que le mâle et la femme pouvaient se targuer dêtre lun un polygame et lautre une polyandre, étalés physiquement dans le temps, davoir donc plusieurs partenaires sexuels en réalité. Et cela faisait désordre, car source de conflits entre les partenaires éconduits et ceux acceptés. Pour y mettre bon ordre, il fut décidé, sur inspiration de Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke, de stabiliser et publier les partenariats sexuels, avec obligation pour tous de les respecter. Cest linstitution du mariage, et de la sacralisation de « létat de mari dautrui et de celui de femme dautrui » qui place les relations sexuelles sous le contrôle de la société. Ce qui impliquait la culpabilisation en cas de non respect de cette restriction de la liberté du mâle et de la femme dans le choix et lacceptation du partenaire sexuel. Ainsi donc le mariage devait saccompagner de fidélité envers le partenaire pour que le respect imposé par la société puisse être effectif. Certaines populations humaines en déduisirent la monogamie, un régime impliquant la liaison et la fidélité absolue à un seul partenaire. Mais devant le vécu réel des hommes, elles durent tolérer lexistence « des coups de canif dans le contrat de mariage » pour autant quune certaine discrétion les couvrait. Doù parfois la monogamie rimait avec lhypocrisie sociale, ce qui fit naître chez certains contestataires « lidée dunion libre » restituant aux deux partenaires toute leur liberté de choix. Pire, tenant compte du déséquilibre naturel entre le nombre des mâles et des femmes disponibles pour le mariage, le système monogamique admit certaines « filles de la magie sexuelle » que sont le célibat, la prostitution, la pédophilie et lhomosexualité. Dautres populations ont préféré organiser la polyandrie qui attribue une seule femme comme épouse commune à un groupe de mâles se relayant selon un rituel précis. Doù un statut peu reluisant de co-époux, objet sexuel à la merci des humeurs changeantes de la femme. Ce statut non conforme au fond prédateur et guerrier des mâles, allait souvent de paire avec une organisation matriarcale de la société conférant à la femme, assistée par son frère, et la propriété des terres et lautorité prééminente sur les enfants du couple, surtout lorsquil était aggravé par luxorilocalité ou résidence dans la famille de lépouse. En réaction certaines autres populations optèrent pour la polygamie qui permet au mâle dépouser légalement plusieurs femmes dont il sera lhôte aux jours et heures fixés par un rituel précis. Et enfin chez des populations citadines civilisées adoptèrent la polygynie ou le système de seconds bureaux qui met à la disposition du mâle économiquement très puissant, sans lien de mariage, autant de femmes quil peut économiquement supporter. Doù, effet secondaire notable le basculement du matriarcat au patriarcat qui avantage les mâles et laggravation de linfériorité sociale de la femme, système non conforme à légalité dessence du mâle et de la femme, produits de la scission primordiale de lentité initiale indifférenciée. Remarque : A ce propos, il est utile de signaler une finesse de notre langue que certains mpofu ignorent et massacrent allégrement. En effet, on parle des baana bakaji = enfants de sexe femelle = filles, et des baana balume = enfants de sexe mâle = garçons. Mais on parle aussi des baana baa bakaji = enfants des femmes, élévés, éduqués et placés sous lautorité prééminente des femmes soit des garçons et des filles du régime matriarcal et des baana baa balume = enfants des mâles. Elevés et éduqués par les mâles soit des garçons et des filles du régime patriarcal. et les enfants Car par baana baa bakaji = enfants des femmes, élevés et éduqués par des femmes, soit des garçons et filles du régime = les = enfants des mâles, éduqués par des mâles, soit des garçons et filles du régime patriarcal dont la mentalité et les réactions sont différentes de celles des enfants du régime matriarcal. La promiscuité naturelle familiale constitua souvent une incitation à faire léconomie de se trouver ailleurs un inconnu, comme partenaire sexuel avec ce que cela suppose comme risque de mal tomber, certaines sociétés, surtout matriarcales, décidèrent de fermer les yeux sur des pratiques incestueuses et même en arrivèrent à les organiser et les légitimer comme « mariages préférentiels entre cousins germains et droit de cuissage que sarrogèrent certains mâles du clan». Mais des sociétés patriarcales, dont le nôtre , préférèrent renforcer le tabou de linceste et rendre lexogamie (lobligation de se marier hors du clan) impérieuse et obligatoire pour tous. Ce qui entraîna louverture des clans les uns vis à vis des autres et fit du mariage un pacte damitié et de coopération entre clans, premier pas vers la constitution de grandes tribus, de royaumes et même dempires. Chez les baluba lexogamie fut interprétée de diverses manières. Pour certains clans, elle ninterdisait le mariage quentre les membres du même clan restreint, pris au sens de parentés très proches, une extension de la famille ou ménage, mais tolérait les mariages au sein des clans étendus. Ainsi par exemple, deux baena Nshimba ou deux baena Kaniki peuvent se marier sils ont des sous clans différents ce qui vire rapidement au mariage préférentiel chez les expatriées. Chez nous les bakwa Mukendi, bien que nous soyons déjà plusieurs dizaines de milliers, lexogamie sétend à tous les bakwa Mukendi qui doivent permettre de faire alliance avec un clan tiers. Et même elle se double dune interdiction de mariages liés, des frères ou surs se mariant dans le même autre clan, et de mariages croisés, un homme et sa sur se mariant à une femme et son frère comme dans une sorte déchange. Car de tels mariages sont très pauvres en nouvelles alliances inter-clans. On voit ici prédominer le caractère clanique du mariage sur la simple liaison entre individus, cest que des préoccupations disons politiques, interfèrent. Nous sommes en effet des Ntite, nous devons et préserver la vitalité de notre mudibu grâce à lexogamie et étendre notre base dalliances politiques inter-claniques. Pendant la période où le mariage était une affaire privée ne concernant que les deux conjoints, tout était réduit au minimum, il suffisait quils se plaisent et conviennent de convoler en noces. Mais bien souvent laccord de la future épouse lui était arraché de force. Un homme parfois aidé par des frères ou des amis, lenlevait, la séquestrait et en faisait son épouse. Cétait le mariage après enlèvement qui provoquait bien de troubles : la guerre de récupération par ses parents ou son mari de la fille enlevée (voir la triste aventure de Kayowa qui dévasta les clans des baena Tshibanda), les luttes entre les enlèveurs pour le « partage du butin », lattribution de lépouse, et la protection des épouses contre des enlèvements inopportuns. Cela faisait désordre ! Sur conseils de Mikombo-a-kalowo, nkaya-ende mudyfuke, il fut décidé de prohiber les mariages après enlèvement, de leur substituer des mariages négociés entre les clans concernés et qui offraient plus de garanties pour les parties. La première solution fournie par ces négociations fut le mariage par échange dépouses : le futur mari cédait une de ses surs ou cousines à sa future belle famille comme future épouse dun de ses membres. Ainsi chacun des deux clans perdait une fille mais gagnait une épouse, et chacune de celles-ci était protégée par la possibilité des représailles sur sa mpitakanyi, et tout le monde devait être satisfait. Malheureusement, ces deux mariages étaient liés et croisés, les difficultés de lun se répercutant sur lautre (ton frère maltraite ma sur et tu lapprouves, je ne me laisserai pas faire), en outre cette formule ne convenait pas à tous les cas, tout le monde nayant pas forcément une sur ou une cousine à engager dans son mariage comme mpitakanyi. Il fut décidé de substituer à la fille à céder à la future belle famille comme mpitakanyi, un objet précis appelé dot pour conclure le mariage. Cet objet ne servait quà nouer des mariages et nétait pas un prix de vente de lépouse mais le substitut de la mpitakanyi, la sur à échanger, qui de ce fait suit son statut : retour chez le mari, sans intérêt ni réévaluation, en cas de rupture de mariage. Et en conséquence la remise au mari de sa dot, le retour dans son clan de la mpitakanyi, signifie et signe le divorce. Mais souvent, le beau-frère se marie à son tour grâce à la dot versée pour épouser sa sur, il se verra obligé de divorcer afin de restituer lobjet précis dot. Doù des pressions sur les candidats au divorce, en faveur de lindissolubilité du mariage. Malheureusement au cours du XIX° siècle et les débuts du XX°, nos sociétés subirent deux traumatismes majeurs : lesclavage, pratiqué par les zanzibarites et les européens, qui chosifiait lêtre humain et le transformait en une sorte de bien négociable, diluant ainsi le sens du devoir de solidarité clanique et la colonisation qui, par lintroduction de la monnaie comme valeur universelle de référence, monnétarisa la dot la transformant en une sorte de prix de vente de lépouse avec tous les dérapages dus à la spéculation. En effet, la dot-monnaie ne servait plus quà nouer des mariages, elle permettait dacquérir nimporte quel bien. Et plus elle était importante, plus elle permettait de satisfaire les caprices et convoitises des membres de la belle famille. Elle a alors commencé à se gonfler jusquà dépasser la valeur dune maison ou dun camion selon la valeur estimée de la mariée : elle a fait des études, elle a vécue en Europe, elle parle français donc la « facture » peut être conséquente. Ce faisant on croit à un bon prix de vente obtenu lors dune bonne affaire alors quil sagit du substitut de la sur à céder pour conclure le mariage et qui revient automatiquement dans sa famille, chez le mari, en cas de divorce. Doù des situations pénibles et désolantes de femmes maltraitées et transformée en esclave pour défaut de remboursement de dot-monnaie. Car la dot ne pouvant cohabiter avec lépouse dans un même clan lépouse doit demeurer chez son mari jusquà ce que la dot vienne la remplacer. Dans certains clans, dont le nôtre, la peur de cette grande honte de transformation dune de nos filles en esclave par défaut de capacité de rembourser la dot après un éventuel divorce et afin de sauvegarder sa dignité humaine, a conduit à dissocier le mariage, fruit de lamour des conjoints et de leur volonté à rester mari et femme, de la dot, symbole de laccord entre leurs clans. Celle-ci sera réduite au rang de simple symbole dépouillé de toute valeur marchande. Car si le mari ou lépouse ne veut plus de son mariage, aucune dot nempêchera un divorce de survenir. Elle risque de se transformer en un nud coulant passé autour du cou des parents et de lépouse. Effet secondaire catastrophique ! Comme nos ancêtres qui adaptaient leurs coutumes afin de faciliter leur survie dans ce Monde souvent hostile, le moment est venu de repenser et réadapter toutes nos coutumes afin de sauvegarder notre nouvelle Patrie multiethnique aux villes extra-coutumière |
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